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SCPI Pinel : Pourquoi ce placement fiscal a disparu (et quelles alternatives en 2026 ?)

Mots clés : SCPI Pinel / SCPI fiscale / Défiscalisation immobilière / Loi Pinel / SCPI Malraux / Déficit foncier

19 janvier 2026 ⸱ 13 minutes de lecture

L'investissement immobilier locatif attire de plus en plus d'épargnants français en quête de réduction d'impôt. Le dispositif Pinel, longtemps star de la défiscalisation immobilière, a suscité un intérêt croissant. Mais qu'en est-il des SCPI Pinel, ces sociétés civiles de placement immobilier censées combiner les avantages du Pinel avec la simplicité de la pierre-papier ?

La réalité est plus nuancée que ce que laissent entendre certains acteurs du marché. Les SCPI Pinel ont toujours été extrêmement rares sur le marché français, et avec la fin programmée du dispositif Pinel classique au 31 décembre 2024, ce type de placement a pratiquement disparu.

epargnews SCPI Pinel : Pourquoi ce placement fiscal a disparu (et quelles alternatives en 2026 ?)

Dans ce guide complet, nous décryptons la réalité des SCPI Pinel, expliquons pourquoi elles n'ont jamais représenté une solution viable, et surtout, nous vous présentons les alternatives concrètes qui existent aujourd'hui pour combiner investissement en SCPI et optimisation fiscale.

Comment fonctionnait théoriquement la SCPI Pinel ?

Le principe de base qui semblait séduisant

Une SCPI Pinel était censée être une société civile de placement immobilier spécialisée dans l'acquisition de logements neufs ou réhabilités respectant les critères du dispositif Pinel. L'idée paraissait ingénieuse : combiner l'accessibilité du placement collectif immobilier avec la défiscalisation offerte par la loi Pinel.

Sur le papier, le fonctionnement semblait simple. En souscrivant des parts de la société de gestion, vous deveniez copropriétaire d'un parc immobilier locatif situé dans des zones géographiques tendues. La société civile se chargeait d'acquérir les biens immobiliers neufs éligibles au dispositif Pinel, de les mettre en location et de gérer l'ensemble des aspects administratifs.

L'investisseur devait théoriquement bénéficier de deux sources de valeur : une réduction d'impôt calculée sur le montant investi et des revenus locatifs générés par la location des logements. Cette double dimension aurait dû faire de ce placement collectif un outil de défiscalisation attractif pour les contribuables fortement imposés.

Pourquoi ce modèle n'a jamais vraiment fonctionné

Dans la pratique, les SCPI Pinel ont toujours été extrêmement marginales sur le marché français. Une recherche approfondie révèle qu'il n'existe quasiment aucune SCPI Pinel active aujourd'hui. Même à l'apogée du dispositif Pinel entre 2015 et 2020, on comptait moins d'une poignée de SCPI proposant ce type d'investissement.

Plusieurs raisons expliquent cet échec commercial. D'abord, la complexité administrative : pour qu'une SCPI puisse faire bénéficier ses associés de la réduction d'impôt Pinel, elle devait respecter des contraintes très strictes sur chaque logement acquis. La gestion de ces contraintes individuelles par bien (plafonds de loyer, plafonds de ressources des locataires, engagement de location de 6 à 12 ans) se prêtait mal au modèle mutualisé de la SCPI.

Ensuite, l'incompatibilité fondamentale entre les objectifs du Pinel et le fonctionnement d'une SCPI. Le Pinel vise à créer du logement intermédiaire dans des zones tendues avec des loyers plafonnés, ce qui réduit mécaniquement la rentabilité locative. Les SCPI de rendement classiques, elles, recherchent la performance locative maximale. Combiner les deux relevait de la quadrature du cercle.

La fin programmée du dispositif Pinel classique

Le dispositif Pinel classique a pris fin au 31 décembre 2024. Depuis 2023, seul le Pinel+ (ou Pinel Plus) permet de bénéficier de réductions d'impôt, avec des critères encore plus exigeants en matière de performance énergétique et de qualité d'usage. Les taux de réduction d'impôt ont également été revus à la baisse.

Pour un engagement de 6 ans, la réduction atteint désormais 9% du montant investi (contre 10,5% auparavant). Pour 9 ans, elle s'élève à 12% (contre 15%), et pour 12 ans, à 14% (contre 17,5%). Ces réductions s'appliquent dans la limite d'un investissement de 300 000 euros et d'une réduction annuelle maximale de 5 500 euros.

Cette évolution réglementaire a achevé de rendre les SCPI Pinel obsolètes. Les quelques rares produits qui existaient ont fermé leurs collectes ou se sont réorientés vers d'autres stratégies fiscales. Si vous recherchez aujourd'hui une "SCPI Pinel" sur le marché, vous ne trouverez pratiquement aucune offre active.

Quels étaient les avantages fiscaux promis (et leurs limites) ?

Le calcul théorique de la réduction d'impôt

Le dispositif Pinel, qu'il soit en direct ou via SCPI, reposait sur une réduction d'impôt calculée selon un barème progressif fonction de la durée d'engagement. Les taux avant la réforme Pinel+ étaient : 6 ans : 10,5% du montant investi (réduit à 9% avec Pinel+), 9 ans : 15% du montant investi (réduit à 12% avec Pinel+), 12 ans : 17,5% du montant investi (réduit à 14% avec Pinel+).

Concrètement, pour un investissement de 10 000 euros avec un engagement de 9 ans sous l'ancien Pinel, l'investisseur bénéficiait d'une réduction de 1 500 euros étalée sur la durée de l'engagement, soit environ 167 euros par an.

Cette réduction était plafonnée : le montant investi pris en compte ne pouvait excéder 300 000 euros, avec une réduction maximale qui est passée de 6 000 euros à 5 500 euros par an. La réduction s'appliquait dans la limite de l'impôt dû, ce qui rendait le dispositif particulièrement attractif pour les contribuables fortement imposés.

Les contraintes qui rendaient le modèle SCPI peu viable

Si la réduction d'impôt était attractive, les contraintes du Pinel rendaient son application via SCPI extrêmement complexe. Contrairement à un investissement Pinel en direct où l'investisseur maîtrisait son unique bien, la SCPI devait gérer des dizaines de logements avec des contraintes individuelles strictes.

Chaque logement devait être loué dans le respect de plafonds de loyer très contraignants, variant selon la zone géographique. En 2024, ces plafonds s'établissaient à environ 18,25 €/m² en zone A bis (Paris), 13,56 €/m² en zone A (grandes métropoles) et 10,93 €/m² en zone B1 (villes moyennes et zones périurbaines). Ces plafonds, régulièrement révisés à la baisse, limitaient fortement la rentabilité locative.

De plus, chaque locataire devait respecter des plafonds de ressources stricts, variant selon la composition du foyer et la zone. Par exemple, en zone A en 2024, un célibataire ne pouvait dépasser 43 475 euros de revenus fiscaux annuels, et un couple 64 976 euros. Ces contraintes réduisaient considérablement le vivier de locataires potentiels et compliquaient la gestion locative.

Pourquoi l'investissement Pinel en direct restait plus pertinent

Face à ces contraintes, l'investissement Pinel en direct présentait des avantages décisifs par rapport à une hypothétique SCPI Pinel. D'abord, l'effet de levier du crédit immobilier : en finançant un appartement Pinel à crédit, l'investisseur optimisait considérablement le rendement sur fonds propres grâce à l'emprunt bancaire.

Ensuite, la maîtrise totale du bien et de sa gestion : l'investisseur choisissait précisément l'emplacement, le promoteur, le locataire. Cette maîtrise permettait d'optimiser la qualité du bien et le respect des contraintes Pinel. Dans une SCPI, cette individualisation était impossible, créant un risque de dilution de la performance.

Enfin, la valorisation patrimoniale : un bien Pinel bien situé pouvait bénéficier d'une appréciation immobilière significative à long terme. Dans une SCPI Pinel, cette plus-value potentielle était partagée entre tous les associés et grevée par les frais de gestion élevés (généralement 10-12% des loyers).

Quel aurait été le rendement réel d'une SCPI Pinel ?

Une rentabilité locative structurellement faible

Les rares SCPI Pinel qui ont existé affichaient des taux de distribution locative particulièrement faibles, généralement entre 1% et 2,5% avant impôt. Cette performance médiocre s'expliquait par plusieurs facteurs cumulatifs.

D'abord, les plafonds de loyer imposés par le dispositif Pinel réduisaient mécaniquement les revenus locatifs de 15% à 25% par rapport au marché libre. Ensuite, les frais de gestion de la SCPI (8-12% des loyers) amputaient encore le rendement. Enfin, les périodes de vacance locative, particulièrement dans les zones B1 moins tendues, dégradaient la performance globale.

À titre de comparaison, les SCPI de rendement classiques affichent des taux de distribution moyens de 4% à 5,5%. L'écart de 3 à 4 points de rendement locatif était censé être compensé par l'avantage fiscal, mais ce calcul ne fonctionnait que pour les contribuables très fortement imposés.

Le rendement fiscal : l'argument principal mais insuffisant

Le rendement fiscal, censé compenser la faiblesse du rendement locatif, représentait l'argument commercial principal des SCPI Pinel. Sur un engagement de 9 ans avec une réduction de 15% (ancien dispositif), le rendement fiscal annualisé s'établissait à environ 1,67% par an.

Additionné au rendement locatif de 1,5% à 2%, le rendement global théorique atteignait 3% à 3,5% avant impôt sur les revenus fonciers. Après impôt et prélèvements sociaux (17,2%) sur les revenus locatifs, le rendement net réel pour un contribuable dans la tranche à 41% tombait à environ 2,5% à 3%.

Ce rendement global restait inférieur à ce que pouvait obtenir un investisseur en combinant une SCPI de rendement traditionnelle (4-5% de distribution) avec d'autres dispositifs de défiscalisation plus simples et plus efficaces.

Les frais cachés qui grevaient la performance

Au-delà des frais de gestion annuels, les SCPI Pinel supportaient des frais d'entrée élevés pouvant atteindre 10% à 12% du montant souscrit. Sur un investissement de 10 000 euros, cela représentait 1 000 à 1 200 euros de frais immédiats, réduisant d'autant le capital effectivement investi dans l'immobilier.

Ces frais d'entrée, couplés aux frais de gestion récurrents, pénalisaient fortement la rentabilité globale de l'investissement. Pour qu'une SCPI Pinel soit réellement performante, il aurait fallu la conserver bien au-delà de la durée d'engagement minimale, ce qui contredisait l'objectif même du dispositif Pinel (engagement limité à 6-12 ans).

De plus, les frais de sortie existaient également dans certains cas, particulièrement en cas de revente sur le marché secondaire. L'illiquidité structurelle du produit, combinée à ces multiples couches de frais, rendait l'investissement en SCPI Pinel peu attractif pour la plupart des profils d'investisseurs.

Découvrez les SCPI de rendement performantes

Les vraies alternatives fiscales via SCPI en 2026

Les SCPI fiscales qui fonctionnent réellement : Malraux, Monuments Historiques

Si les SCPI Pinel n'ont jamais décollé, d'autres SCPI fiscales connaissent un véritable succès commercial et offrent des avantages fiscaux souvent supérieurs. Les SCPI Malraux, par exemple, permettent une réduction d'impôt de 22% ou 30% du montant des travaux de restauration selon la zone du bien.

Ces SCPI investissent dans la rénovation de bâtiments anciens situés dans des secteurs sauvegardés ou des quartiers anciens dégradés. L'avantage fiscal est généralement plus important que le Pinel : pour un investissement de 10 000 euros, la réduction peut atteindre 2 200 à 3 000 euros, répartie sur 1 à 4 ans selon la durée des travaux.

Les SCPI Monuments Historiques offrent également une fiscalité attractive : déduction du déficit foncier de l'ensemble des revenus (pas seulement fonciers) sans plafond, ce qui intéresse particulièrement les très hauts revenus. Contrairement au Pinel, ces dispositifs ne nécessitent pas d'engagement de location de durée fixe.

Le déficit foncier : la stratégie gagnante avec les SCPI

Le mécanisme du déficit foncier représente une alternative fiscale particulièrement efficace, compatible avec l'investissement en SCPI. Certaines SCPI spécialisées investissent dans des immeubles anciens nécessitant d'importants travaux de rénovation. Ces travaux génèrent un déficit foncier imputable sur les revenus fonciers, et jusqu'à 10 700 euros par an sur le revenu global.

Pour un contribuable dans la tranche à 41%, un déficit foncier de 10 000 euros représente une économie d'impôt immédiate de 4 100 euros, auxquels s'ajoutent environ 1 720 euros d'économie de prélèvements sociaux. L'avantage fiscal total atteint donc près de 5 820 euros, soit 58% du montant des travaux déductibles.

Cette stratégie présente plusieurs avantages sur le Pinel : réduction d'impôt plus importante, pas d'engagement de location de durée fixe, possibilité de louer à des proches, et cumul possible avec d'autres dispositifs de défiscalisation dans la limite du plafond global de niches fiscales.

L'investissement en SCPI classiques + optimisation fiscale séparée

La stratégie la plus rationnelle pour la plupart des investisseurs consiste finalement à séparer l'objectif de rendement locatif et l'objectif de défiscalisation. Investir dans des SCPI de rendement performantes offrant 4% à 5,5% de distribution annuelle, tout en utilisant d'autres dispositifs pour optimiser sa fiscalité.

Par exemple, vous pouvez combiner un investissement en SCPI de rendement pour percevoir des revenus locatifs réguliers, avec un versement sur un Plan d'épargne Retraite qui permet de déduire les sommes versées de vos revenus imposables. Cette combinaison offre à la fois rendement, défiscalisation et diversification patrimoniale.

Autre option : l'investissement en SCPI via l'assurance-vie ou en démembrement de propriété. L'achat de parts en nue-propriété permet d'acquérir des parts avec une décote de 20% à 40% selon la durée du démembrement, sans percevoir de loyers pendant cette période (et donc sans fiscalité), avant de récupérer la pleine propriété. Le rendement global peut ainsi dépasser largement celui d'une hypothétique SCPI Pinel.

Comment investir intelligemment en SCPI avec avantage fiscal ?

Identifier votre profil fiscal et vos objectifs

Avant d'envisager tout investissement en SCPI avec composante fiscale, la première étape consiste à analyser précisément votre situation. Votre tranche marginale d'imposition détermine l'intérêt relatif de chaque dispositif de défiscalisation. En dessous de la tranche à 30%, les mécanismes de défiscalisation complexes présentent généralement un intérêt limité.

Vos objectifs patrimoniaux influencent également le choix. Si vous recherchez principalement des revenus complémentaires immédiats, privilégiez les SCPI de rendement classiques. Si vous visez la constitution d'un patrimoine à long terme avec optimisation fiscale, les SCPI fiscales (Malraux, déficit foncier) ou le démembrement peuvent être plus adaptés.

Enfin, votre horizon de placement compte : les SCPI fiscales impliquent généralement un engagement de 9 à 15 ans. Assurez-vous de pouvoir immobiliser cette épargne sans besoin de liquidités urgentes. La règle prudente recommande de ne pas dépasser 15-20% de votre patrimoine financier total dans des actifs immobiliers peu liquides.

Les montants minimums et modalités de souscription

L'investissement en SCPI fiscales (Malraux, Monuments Historiques, déficit foncier) présente généralement des tickets d'entrée plus élevés que les SCPI de rendement classiques. Comptez entre 5 000 et 15 000 euros de montant minimum selon les produits, contre 1 000 à 5 000 euros pour les SCPI traditionnelles.

Cette différence s'explique par la complexité et le coût des opérations immobilières réalisées (rénovation d'immeubles classés, restauration de bâtiments anciens). Les frais de souscription sont également plus élevés, généralement entre 10% et 15% du montant investi, incluant les commissions de distribution et les frais de montage de l'opération.

Sur epargnoo, le processus de souscription reste entièrement digitalisé. Après avoir identifié le produit adapté à votre profil, vous complétez votre bulletin de souscription en ligne, signez électroniquement les documents, et effectuez votre virement. L'ensemble du parcours ne prend que quelques minutes, contre plusieurs semaines via les circuits traditionnels.

La déclaration fiscale et le suivi des avantages

La déclaration des investissements en SCPI fiscales diffère selon le dispositif choisi. Pour une SCPI Malraux, vous recevez un Imprimé Fiscal Unique (IFU) mentionnant le montant de la réduction d'impôt à laquelle vous avez droit, à reporter sur votre déclaration 2042 C.

Pour une SCPI à déficit foncier, la société de gestion vous transmet un relevé détaillant votre quote-part de déficit foncier imputable. Vous déclarez ce déficit sur le formulaire 2044 (revenus fonciers), qui vient réduire vos autres revenus fonciers, puis éventuellement votre revenu global dans la limite de 10 700 euros par an.

Le suivi de vos investissements s'effectue via votre espace personnel epargnoo. Vous accédez à la valorisation actualisée de vos parts, l'historique des distributions (pour les SCPI mixtes qui combinent rendement et fiscalité), et tous les documents juridiques et financiers. La transparence de l'information constitue un critère essentiel pour évaluer la performance de votre stratégie patrimoniale.

Quelles sont les conditions d'éligibilité aux SCPI fiscales alternatives ?

Les critères liés au contribuable

Pour bénéficier des avantages fiscaux des SCPI Malraux, Monuments Historiques ou déficit foncier, vous devez être fiscalement domicilié en France et assujetti à l'impôt sur le revenu français. Ces dispositifs s'adressent prioritairement aux contribuables des tranches marginales supérieures (30%, 41% ou 45%).

Les SCPI à déficit foncier présentent un intérêt particulier si vous percevez déjà des revenus fonciers positifs. Le déficit généré permet de neutraliser ces revenus fonciers existants avant éventuellement de s'imputer sur votre revenu global. Sans revenus fonciers préalables, l'avantage reste important mais légèrement moindre.

Il n'existe pas de condition d'âge pour investir dans ces SCPI fiscales. Cependant, la durée de conservation recommandée (généralement 9 à 15 ans) doit être compatible avec votre horizon de placement. Pour un investisseur proche de la retraite, privilégiez des solutions plus liquides ou des durées d'engagement plus courtes.

Les obligations et engagements selon les dispositifs

Contrairement au Pinel qui imposait un engagement de location de 6, 9 ou 12 ans, les SCPI Malraux ne nécessitent aucun engagement de durée de location. Vous bénéficiez de la réduction d'impôt sur les travaux de restauration réalisés, sans contrainte temporelle contraignante au-delà de la conservation des parts jusqu'à l'achèvement des travaux.

Pour les SCPI à déficit foncier, une obligation de conservation minimale de 3 ans après l'achèvement des travaux s'applique pour conserver le bénéfice de l'imputation du déficit sur le revenu global. En cas de revente anticipée, le déficit précédemment déduit du revenu global fait l'objet d'une reprise fiscale.

Les SCPI Monuments Historiques présentent les obligations les plus légères : aucun engagement de location, aucune durée de détention minimale imposée. Cependant, pour optimiser la stratégie fiscale, il est recommandé de conserver les parts au moins 5 à 7 ans pour amortir les frais d'entrée et permettre aux travaux de générer un déficit foncier significatif.

Les contraintes de localisation et secteurs d'investissement

Les SCPI Malraux investissent exclusivement dans des immeubles situés dans des secteurs sauvegardés ou des Quartiers Anciens Dégradés (QAD). Ces zones, définies par arrêté préfectoral, couvrent généralement les centres historiques des grandes villes françaises : Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Lille, etc.

Cette contrainte géographique, si elle limite le champ d'investissement, présente aussi un avantage : les biens situés dans ces secteurs historiques bénéficient généralement d'une forte demande locative et d'une valorisation patrimoniale intéressante à long terme. La qualité architecturale des immeubles restaurés contribue également à maintenir une bonne attractivité locative.

Les SCPI Monuments Historiques ciblent des châteaux, manoirs, hôtels particuliers et immeubles classés. La localisation est plus dispersée géographiquement, avec une présence dans toutes les régions françaises. Le principal critère est le classement Monument Historique ou l'inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH).

Quels sont les risques réels à connaître ?

Le risque de perte en capital

Comme tout placement immobilier, l'investissement en SCPI fiscales comporte un risque de perte en capital. La valeur de vos parts fluctue en fonction de l'évolution du marché immobilier et de la performance de la société de gestion. Un retournement du marché immobilier dans les secteurs historiques peut entraîner une dépréciation.

Cependant, le risque diffère selon les typologies de SCPI fiscales. Les SCPI Malraux, investissant dans des centres-villes historiques recherchés, présentent généralement une bonne résilience patrimoniale. Les immeubles restaurés dans ces secteurs conservent leur attractivité même en période de ralentissement économique.

En cas de revente anticipée, vous vous exposez à une double pénalité potentielle : d'une part, la reprise fiscale des avantages perçus (selon les dispositifs), d'autre part, une décote sur le marché secondaire. Le marché secondaire des SCPI fiscales reste étroit avec peu de transactions, ce qui peut entraîner des décotes de 10% à 20% par rapport à la valeur de reconstitution.

La liquidité limitée mais anticipée

L'investissement en SCPI fiscales se caractérise par une liquidité structurellement faible. Contrairement à une SCPI de rendement classique où le marché secondaire est relativement actif, les SCPI fiscales connaissent peu de transactions de parts entre investisseurs.

Cette illiquidité s'explique par la nature même de ces placements : les souscripteurs investissent précisément pour l'avantage fiscal et s'engagent mentalement sur la durée recommandée. Peu d'investisseurs cherchent à revendre avant l'échéance, ce qui limite mécaniquement la liquidité du marché secondaire.

Cette contrainte impose de n'investir que des fonds dont vous n'aurez pas besoin pendant 9 à 15 ans minimum. Constituez en parallèle une épargne de précaution liquide (livrets, fonds euros d'assurance-vie) représentant 3 à 6 mois de dépenses pour faire face aux imprévus sans devoir brader vos parts de SCPI.

Les risques spécifiques aux travaux de rénovation

Les SCPI fiscales (Malraux, déficit foncier) présentent un risque spécifique lié à la réalisation des travaux de rénovation. Des retards dans les travaux, des dépassements de budget ou des malfaçons peuvent impacter le calendrier de l'avantage fiscal et la performance globale de l'investissement.

La société de gestion assume normalement ce risque et doit gérer les relations avec les entreprises de rénovation, les architectes des Bâtiments de France (pour les SCPI Malraux) et les différents corps de métier. Une société de gestion expérimentée avec un historique solide dans la rénovation d'immeubles anciens constitue une garantie importante.

Le risque fiscal ne doit pas être négligé. Une opération de rénovation mal montée juridiquement peut voir l'avantage fiscal remis en cause par l'administration fiscale. Privilégiez les sociétés de gestion reconnues, disposant d'équipes juridiques et fiscales compétentes, et d'un historique d'opérations validées par l'administration.

La vérité sur l'investissement fiscal immobilier en 2026

Pourquoi chercher la SCPI miracle n'est pas la bonne approche

Beaucoup d'investisseurs recherchent le produit "tout-en-un" qui combinerait rendement locatif élevé, forte défiscalisation, liquidité et absence de risque. Cette quête de la SCPI miracle explique en partie l'intérêt qu'ont pu susciter les SCPI Pinel malgré leur inexistence pratique : le concept paraissait séduisant sur le papier.

La réalité de l'investissement patrimonial est plus nuancée. Chaque produit présente des avantages et des inconvénients spécifiques. Les SCPI de rendement classiques offrent de bons revenus mais peu d'optimisation fiscale. Les SCPI fiscales génèrent des réductions d'impôt importantes mais des distributions plus faibles. Le démembrement offre une décote d'acquisition mais aucun revenu pendant la période.

La stratégie gagnante consiste à diversifier votre patrimoine en combinant plusieurs produits complémentaires selon vos objectifs. Un portefeuille équilibré peut inclure des SCPI de rendement pour les revenus réguliers, une SCPI fiscale pour l'optimisation fiscale, et d'autres placements (PER, assurance-vie, immobilier direct) pour la diversification et la transmission.

Les questions à se poser avant tout investissement fiscal

Avant de vous engager dans un investissement en SCPI fiscale ou tout autre dispositif de défiscalisation, posez-vous les bonnes questions. Quel est mon objectif principal : réduire mes impôts aujourd'hui, générer des revenus complémentaires, ou constituer un patrimoine à long terme ?

Quelle est ma situation fiscale actuelle et prévisible ? Si vous anticipez une baisse de vos revenus dans les années à venir (départ à la retraite, changement professionnel), l'intérêt d'une forte défiscalisation aujourd'hui peut être relatif. Inversement, si vous entrez dans une période de hauts revenus durables, l'optimisation fiscale devient prioritaire.

Quelle est ma capacité d'épargne et ma tolérance au risque ? Les SCPI fiscales nécessitent des montants minimums élevés et un engagement long. Êtes-vous prêt à immobiliser 10 000 à 50 000 euros pendant 10 à 15 ans dans un placement peu liquide ? Disposez-vous d'une épargne de précaution suffisante par ailleurs ?

Les meilleures pratiques pour optimiser sa fiscalité immobilière

L'optimisation fiscale immobilière ne se résume pas au choix d'un produit unique. Elle s'inscrit dans une stratégie patrimoniale globale et cohérente avec votre situation personnelle. Première règle : ne jamais investir uniquement pour l'avantage fiscal. La performance intrinsèque du placement doit être satisfaisante indépendamment de la fiscalité.

Deuxième règle : diversifier les dispositifs et les échéances. Plutôt que d'investir 50 000 euros d'un coup dans une seule SCPI fiscale, privilégiez plusieurs investissements échelonnés dans le temps et sur différents dispositifs. Cette diversification réduit le risque de concentration et permet d'adapter votre stratégie aux évolutions réglementaires.

Troisième règle : faire appel à un conseiller compétent pour valider votre stratégie. Sur epargnoo, nos conseillers analysent votre situation globale avant de vous recommander les produits adaptés. Cette approche personnalisée évite les erreurs coûteuses et optimise réellement votre fiscalité en fonction de votre profil spécifique.

L'investissement en SCPI Pinel, tel qu'il était imaginé, n'a jamais vraiment existé sur le marché français. Cette réalité, loin d'être une mauvaise nouvelle, vous invite à explorer des alternatives fiscales concrètes et performantes qui, elles, fonctionnent réellement : SCPI Malraux, déficit foncier, démembrement de propriété.

La fin du dispositif Pinel classique au 31 décembre 2024 marque un tournant dans l'investissement locatif défiscalisé. Plutôt que de regretter un produit qui n'a jamais vraiment existé, concentrez-vous sur les solutions éprouvées qui allient performance immobilière et optimisation fiscale adaptée à votre situation.

Sur epargnoo, nos conseillers vous accompagnent pour construire une stratégie patrimoniale cohérente, combinant les bons produits aux bons moments. Utilisez nos simulateurs pour évaluer votre potentiel d'optimisation fiscale et comparer les différentes alternatives disponibles.

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Bon à savoir

AVERTISSEMENT : L'investissement dans des produits tels que les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI), l'assurance-vie, les Groupements Forestiers d'Investissement (GFI), les Organismes de Placement Collectif Immobilier (OPCI) présente des risques parmi lesquels : la perte partielle ou totale du capital investi, l'illiquidité, l'absence de valorisation après l'investissement ainsi que des risques spécifiques au produit. L'investissement doit être inscrit dans une démarche de constitution d'un portefeuille diversifié. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les avantages fiscaux mentionnés dépendent de votre situation personnelle et sont susceptibles d'évoluer.

Flavien Lallemand

Co-fondateur d'epargnoo

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