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11 mars 2026 ⸱ 15 minutes de lecture
Investir en SCPI via une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) permet de réduire significativement la charge fiscale sur vos revenus immobiliers.
Grâce à l'amortissement comptable des parts et à la capitalisation des bénéfices, ce montage patrimonial séduit de plus en plus les investisseurs fortement imposés. Fonctionnement, avantages, limites et simulation chiffrée : tout ce qu'il faut savoir.
Lorsqu'un investisseur acquiert des parts de SCPI en nom propre, les revenus qu'il perçoit sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un contribuable dont la TMI atteint 41 % ou 45 %, la fiscalité peut absorber plus de la moitié des loyers distribués. La SCI à l'IS offre une alternative puissante pour optimiser cette situation.
Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est un véhicule de placement collectif qui permet à des épargnants d'investir dans un portefeuille diversifié de biens immobiliers (bureaux, commerces, entrepôts, santé, etc.) sans gérer directement les biens. La gestion est assurée par une société de gestion agréée par l'AMF. Pour tout comprendre, consultez notre guide complet sur les SCPI.
En achetant des parts de SCPI, chaque associé perçoit une quote-part des revenus locatifs, généralement versée chaque trimestre. Le taux de distribution moyen se situe entre 4 % et 7 % brut par an selon les SCPI.
Lorsque vous détenez des parts de SCPI en direct, les revenus fonciers sont imposés à votre TMI, majorée des prélèvements sociaux. La création d'une SCI (Société Civile Immobilière) constitue une alternative juridique qui offre plusieurs avantages : une fiscalité potentiellement plus légère via l'option à l'IS, une séparation claire entre patrimoine personnel et patrimoine immobilier, et une facilitation de la transmission du patrimoine entre associés ou au sein d'une famille.
Exemple concret : un investisseur dont la TMI est de 41 % achète 50 000 € de parts de SCPI en nom propre. Avec un taux de distribution de 5 %, il perçoit 2 500 € de revenus fonciers. Après impôt sur le revenu (1 025 €) et prélèvements sociaux (430 €), il ne conserve que 1 045 € nets, soit un rendement après impôt de 2,09 %. En logeant le même investissement dans une SCI à l'IS, la fiscalité est drastiquement réduite.
Le choix entre une SCI soumise à l'impôt sur le revenu (IR) et une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) est déterminant. Il conditionne la manière dont les revenus de vos SCPI seront imposés, tant pendant la phase de détention qu'au moment de la cession des parts.
Par défaut, une SCI est transparente fiscalement : les revenus fonciers sont imposés directement entre les mains des associés, au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Chaque associé déclare sa quote-part dans sa déclaration personnelle. À cela s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %.
En contrepartie, la SCI à l'IR bénéficie du régime des plus-values immobilières des particuliers lors de la cession : exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans, et exonération des prélèvements sociaux après 30 ans.
Lorsque la SCI opte pour l'IS, les revenus ne sont plus imposés entre les mains des associés mais au niveau de la société elle-même. Le taux d'IS applicable en 2026 est de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (taux réduit), puis de 25 % au-delà.
Lorsque la SCI distribue les bénéfices sous forme de dividendes, ceux-ci sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), au taux global de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). L'associé peut également opter pour le barème progressif si cela lui est plus favorable.
Ce tableau met en évidence un point clé : l'intérêt de la SCI à l'IS croît avec le niveau d'imposition de l'associé. Plus votre TMI est élevée, plus l'écart de fiscalité entre IR et IS joue en faveur de la structure à l'IS.
C'est le principal atout de la SCI à l'IS. Contrairement à une détention en direct ou via une SCI à l'IR, la SCI soumise à l'IS peut amortir la valeur des parts de SCPI inscrites à son actif. Concrètement, chaque année, une fraction de la valeur d'acquisition est déduite du résultat imposable.
La durée d'amortissement généralement retenue est comprise entre 15 et 30 ans pour la composante immobilière. Seule la part correspondant à la construction est amortissable ; le foncier (le terrain) ne l'est pas. En pratique, la ventilation retenue se situe souvent autour de 80 % pour la construction et 20 % pour le terrain.
Toutes les charges engagées par la SCI sont déductibles du résultat imposable : frais de gestion, frais comptables, intérêts d'emprunt liés au financement des parts, honoraires de conseil, etc. Si vous envisagez un financement à crédit de vos SCPI, sachez que les intérêts sont intégralement déductibles du bénéfice de la SCI à l'IS, ce qui amplifie l'effet de levier fiscal.
L'un des avantages souvent sous-estimés de la SCI à l'IS est la possibilité de ne pas distribuer les bénéfices. Les revenus perçus par la société via les SCPI peuvent être conservés dans la structure et réinvestis, sans supporter la flat tax de 30 % applicable aux dividendes. Seul l'IS est dû dans ce cas, à un taux potentiellement très réduit grâce à l'amortissement.
Par ailleurs, les associés peuvent alimenter un compte courant d'associé (CCA) pour financer l'acquisition de parts de SCPI. Ce mécanisme offre une grande souplesse : les fonds peuvent être remboursés à tout moment sans fiscalité supplémentaire. Le CCA constitue ainsi un outil de financement alternatif à l'emprunt bancaire.
C'est le revers de la médaille. Contrairement à la SCI à l'IR, la SCI à l'IS ne bénéficie d'aucun abattement pour durée de détention lors de la cession des parts de SCPI. La plus-value est calculée sur la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable (prix d'achat diminué des amortissements pratiqués). L'amortissement, qui a réduit l'impôt pendant des années, vient donc mécaniquement augmenter la plus-value imposable à la sortie.
Cette plus-value est soumise à l'IS au taux de droit commun. Et si le produit de la cession est distribué aux associés, le dividende supporte à son tour le PFU de 30 %. C'est ce qu'on appelle la double imposition à la sortie : IS + flat tax.
Une SCI à l'IS est tenue de tenir une comptabilité en partie double, conforme au Plan Comptable Général. Cela implique généralement le recours à un expert-comptable, dont les honoraires annuels varient entre 500 et 2 000 € selon la complexité du dossier. Ce coût doit être intégré dans l'analyse de rentabilité globale. Pour mieux anticiper l'ensemble des frais, consultez notre comparatif des frais SCPI.
Indépendamment de la structure juridique choisie, l'investissement en SCPI comporte un risque de perte en capital. La valeur des parts peut fluctuer à la baisse en fonction de l'évolution du marché immobilier, du taux d'occupation des biens et de la conjoncture économique. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour en savoir plus, consultez notre guide complet sur les risques SCPI.
De plus, loger des parts de SCPI dans une SCI à l'IS ajoute une couche de complexité en cas de besoin de liquidité. C'est pourquoi ce montage est recommandé uniquement pour un horizon d'investissement long, généralement supérieur à 10 ans.
La constitution d'une SCI nécessite au minimum deux associés (personnes physiques ou morales). Les étapes clés : rédaction des statuts avec un objet social couvrant l'acquisition et la détention de parts de SCPI, dépôt du capital social, immatriculation au RCS, et option pour l'impôt sur les sociétés.
Attention : l'option à l'IS est irrévocable. Une fois exercée, il n'est plus possible de revenir au régime de l'IR. Cette décision doit être mûrement réfléchie, idéalement avec l'accompagnement d'un conseiller en gestion de patrimoine ou d'un expert-comptable.
Le coût de création varie entre 500 € et 2 500 € selon que vous rédigez les statuts vous-même ou faites appel à un professionnel. À cela s'ajoutent les frais d'immatriculation (~70 €) et de publication (~150 à 250 €).
Trois modes de financement s'offrent à la SCI : l'apport en capital (réalisé par les associés), le compte courant d'associé (plus souple, remboursable librement), et l'emprunt bancaire (dont les intérêts sont déductibles du résultat imposable).
Il convient de diversifier entre plusieurs sociétés de gestion, secteurs (bureaux, santé, logistique, commerces) et zones géographiques. Les SCPI européennes présentent un avantage supplémentaire : les revenus provenant de l'étranger sont exonérés de prélèvements sociaux français (17,2 %), ce qui améliore le rendement net. Pour identifier les meilleurs supports, consultez notre classement des meilleures SCPI de rendement.
Comparons deux situations identiques pour un investisseur dont la TMI est de 41 %, qui investit 100 000 € dans des parts de SCPI affichant un taux de distribution de 5 % brut, soit 5 000 € de revenus annuels. Durée d'amortissement retenue : 20 ans sur 80 % de la valeur (hors foncier).
Bon à savoir
À retenir : dans cet exemple, la SCI à l'IS permet de conserver 4 850 € sur 5 000 € de revenus bruts, contre seulement 2 090 € en détention directe, soit un avantage de 2 760 € par an. Sur 20 ans, cela représente une économie cumulée de plus de 55 000 € avant toute considération de sortie.
Attention toutefois : si les bénéfices sont distribués sous forme de dividendes, le PFU de 30 % s'appliquera. Et à la revente des parts, la plus-value sera calculée sur une valeur nette comptable très basse du fait des amortissements pratiqués. La stratégie est donc particulièrement pertinente pour les investisseurs qui souhaitent capitaliser et réinvestir plutôt que percevoir des revenus immédiats.
Le montage SCPI en SCI à l'IS convient particulièrement aux investisseurs dont la TMI est élevée (41 % ou 45 %), qui n'ont pas besoin de revenus complémentaires immédiats, et dont l'objectif est la constitution ou la valorisation d'un patrimoine immobilier à long terme. Il est également adapté aux projets de transmission, car les parts de SCI peuvent faire l'objet de donations avec décote.
Ce montage se révèle aussi pertinent pour les investisseurs qui préparent leur retraite. En capitalisant les revenus des SCPI au sein de la SCI pendant la période d'activité (lorsque la TMI est élevée), l'investisseur constitue un capital important. Une fois à la retraite, sa TMI diminue : il peut alors se distribuer des dividendes à un coût fiscal moindre.
La SCI à l'IS n'est pas exclusive d'autres modes de détention. Certains investisseurs combinent cette structure avec des parts en SCPI en démembrement (nue-propriété ou usufruit) pour optimiser davantage la fiscalité. D'autres logent une partie de leurs SCPI en assurance vie pour bénéficier d'une enveloppe fiscale avantageuse, notamment en matière de transmission. Enfin, rappelons que les SCPI ne sont pas éligibles au PEA, ce qui justifie d'autant plus l'utilisation de structures alternatives.
La détention de parts de SCPI via une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés représente un levier d'optimisation fiscale puissant pour les investisseurs fortement imposés. Grâce à l'amortissement des parts, à la déduction des charges et à la capitalisation des revenus, ce montage permet de maximiser le rendement net pendant la phase de détention.
Il convient toutefois de garder à l'esprit les contraintes liées à la sortie (plus-values professionnelles, double imposition) et les coûts de gestion comptable associés. La clé d'un investissement réussi réside dans l'adéquation entre la stratégie fiscale retenue et vos objectifs personnels.
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Bon à savoir
AVERTISSEMENT : L'investissement dans des produits tels que les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI), l'assurance-vie, les Groupements Forestiers d'Investissement (GFI), les Organismes de Placement Collectif Immobilier (OPCI) présente des risques parmi lesquels : la perte partielle ou totale du capital investi, l'illiquidité, l'absence de valorisation après l'investissement ainsi que des risques spécifiques au produit. L'investissement doit être inscrit dans une démarche de constitution d'un portefeuille diversifié. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les avantages fiscaux mentionnés dépendent de votre situation personnelle et sont susceptibles d'évoluer.
01
Quelle est la fiscalité des SCPI détenues via une SCI à l'IS ?
Les revenus des SCPI détenues par une SCI à l'IS sont soumis à l'impôt sur les sociétés au taux de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà. L'amortissement des parts réduit significativement le résultat imposable. Lorsque les bénéfices sont distribués aux associés sous forme de dividendes, le PFU de 30 % s'applique.
02
Peut-on amortir les parts de SCPI dans une SCI à l'IS ?
Oui, c'est l'un des principaux avantages. La société inscrit les parts à l'actif de son bilan et déduit chaque année une fraction de leur valeur. En pratique, seule la composante construction (environ 80 % de la valeur) est amortissable, sur une durée de 15 à 30 ans selon la nature du patrimoine.
03
Quels sont les inconvénients d'une SCI à l'IS pour les SCPI ?
Les principaux inconvénients sont la taxation des plus-values au régime professionnel (sans abattement pour durée de détention), la double imposition à la sortie (IS sur la plus-value + PFU sur le dividende), l'obligation de tenir une comptabilité rigoureuse, et le caractère irrévocable de l'option à l'IS.
04
Comment créer une SCI pour investir en SCPI ?
La création nécessite deux associés minimum. Il faut rédiger des statuts incluant un objet social couvrant la détention de parts de SCPI, déposer un capital social, immatriculer la société au RCS, puis exercer l'option à l'IS auprès du service des impôts. L'accompagnement d'un professionnel est fortement recommandé.
05
SCI à l'IR ou SCI à l'IS pour des SCPI : comment choisir ?
Le choix dépend principalement de votre TMI, de votre besoin en revenus complémentaires et de votre horizon de placement. Si votre TMI est ≥ 41 % et que vous privilégiez la capitalisation à long terme, la SCI à l'IS est généralement plus avantageuse. Si vous recherchez des revenus immédiats avec une TMI modérée, la SCI à l'IR peut être préférable.
06
Quel est le taux d'imposition d'une SCI à l'IS en 2026 ?
Le taux d'IS est de 15 % sur la tranche de bénéfice allant jusqu'à 42 500 € (sous conditions), puis de 25 % pour la fraction excédant ce seuil. Ce taux réduit est particulièrement avantageux pour les SCI détenant des portefeuilles de SCPI de taille moyenne.
07
Peut-on déduire les intérêts d'emprunt dans une SCI à l'IS ?
Oui, les intérêts d'emprunt contractés par la SCI pour financer l'acquisition de parts de SCPI sont intégralement déductibles de son résultat imposable. Combiné à l'amortissement des parts, ce levier permet de réduire fortement, voire d'annuler, l'IS dû pendant les premières années de détention.
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