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SCPI et Succession : Comment Transmettre ses Parts de Manière Optimisée

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23 mars 2026 ⸱ 12 minutes de lecture

Vous détenez des parts de SCPI et vous vous interrogez sur leur devenir en cas de décès ? Entre droits de succession, donation de votre vivant, démembrement viager et assurance vie, les leviers sont nombreux pour transmettre vos parts de manière optimisée.

Dans ce guide, nous décryptons la fiscalité successorale appliquée aux SCPI, les stratégies concrètes pour réduire les droits de succession et les erreurs à éviter pour protéger vos proches.

epargnews SCPI et Succession : Comment Transmettre ses Parts de Manière Optimisée

Transmettre son patrimoine est une préoccupation majeure pour de nombreux épargnants. Lorsque ce patrimoine inclut des parts de SCPI, il est essentiel de comprendre les règles fiscales et les stratégies à mettre en place pour optimiser la transmission. Ce guide vous donne toutes les clés pour anticiper et agir efficacement.

Que deviennent les parts de SCPI au décès ?

Le principe : intégration à la succession

Au décès du détenteur, les parts de SCPI font partie de l'actif successoral, au même titre qu'un bien immobilier détenu en direct, un compte bancaire ou un portefeuille boursier. Elles sont évaluées à leur valeur de retrait (ou valeur de réalisation) au jour du décès et transmises aux héritiers selon les règles du droit successoral français.

Concrètement, les parts sont intégrées dans la masse successorale, puis réparties entre les héritiers en fonction du testament ou, à défaut, des règles de dévolution légale. Les héritiers deviennent alors associés de la SCPI et perçoivent les revenus locatifs proportionnellement à leur nombre de parts. Pour tout comprendre sur les SCPI, consultez notre guide complet sur les SCPI.

Indivision ou partage : quelles options pour les héritiers ?

Lorsqu'un défunt laisse plusieurs héritiers, les parts de SCPI peuvent se retrouver en indivision : chaque héritier détient une quote-part des parts, mais personne n'en est propriétaire exclusif. Cette situation peut poser des difficultés de gestion (décisions collectives, conflits entre héritiers).

Pour sortir de l'indivision, les héritiers peuvent procéder à un partage : un héritier rachète les parts des autres, ou les parts sont vendues et le produit de la vente est réparti. L'avantage des SCPI par rapport à l'immobilier en direct est que les parts sont facilement divisibles, ce qui simplifie considérablement le partage successoral.

La fiscalité successorale des parts de SCPI

Le barème des droits de succession en ligne directe

Les parts de SCPI transmises par succession sont soumises aux droits de mutation à titre gratuit, selon le barème progressif applicable en ligne directe (parent vers enfant). Un abattement de 100 000 € par enfant s'applique avant taxation, renouvelable tous les 15 ans.

Exemple : un parent transmet 250 000 € de parts de SCPI à un enfant unique. Après abattement de 100 000 €, la base taxable est de 150 000 €. Les droits de succession s'élèvent à environ 28 194 €, soit un taux effectif de 11,3 %.

Abattements selon le lien de parenté

Le montant de l'abattement varie selon le lien entre le défunt et l'héritier. En ligne directe (enfants, parents) : 100 000 €. Entre frères et sœurs : 15 932 €. Entre neveux et nièces : 7 967 €. Pour un conjoint survivant ou partenaire de PACS : exonération totale de droits de succession. En l'absence de lien de parenté : abattement de 1 594 € et taxation à 60 %.

Ces abattements se renouvellent tous les 15 ans. C'est pourquoi il est crucial d'anticiper la transmission le plus tôt possible afin de profiter pleinement de ces mécanismes.

Bon à savoir

À savoir : les parts de SCPI détenues en direct sont valorisées à leur valeur de retrait au jour du décès. Il n'existe pas de décote spécifique pour les parts de SCPI dans le cadre successoral, contrairement à certains biens immobiliers détenus en direct (résidence principale occupée, biens loués).

Stratégie n°1 : La donation simple de parts de SCPI

Le principe de la donation de son vivant

La donation simple consiste à transmettre de son vivant une partie de ses parts de SCPI à ses enfants ou petits-enfants. Cette stratégie permet de profiter des abattements fiscaux (100 000 € par enfant tous les 15 ans) et de figer la valeur des parts au jour de la donation.

Si vos parts de SCPI prennent de la valeur entre le moment de la donation et votre décès, cette plus-value échappe aux droits de succession. C'est un avantage considérable pour les SCPI dont le prix de part est amené à se revaloriser dans le temps.

Les formalités et frais

La donation de parts de SCPI nécessite un acte notarié, dont le coût dépend du montant transmis (émoluments proportionnels). Il faut également informer la société de gestion pour procéder au transfert des parts. Les frais notariés représentent généralement entre 1 % et 2 % du montant donné.

Au-delà de l'abattement, les droits de donation sont calculés selon le même barème progressif que les droits de succession. L'intérêt réside donc principalement dans l'anticipation : en donnant régulièrement, vous utilisez l'abattement de 100 000 € plusieurs fois au cours de votre vie.

Stratégie n°2 : Le démembrement viager de parts de SCPI

Le mécanisme clé de la transmission optimisée

Le démembrement viager est l'outil phare pour transmettre des parts de SCPI de manière fiscalement avantageuse. Le principe : le parent donne la nue-propriété des parts à ses enfants tout en conservant l'usufruit (c'est-à-dire le droit de percevoir les revenus locatifs) jusqu'à son décès.

Au décès de l'usufruitier, le remembrement s'opère automatiquement et sans droits de succession. Les enfants récupèrent la pleine propriété des parts sans aucune taxation supplémentaire. C'est ce qui rend cette stratégie particulièrement puissante.

Le barème fiscal de la nue-propriété selon l'âge de l'usufruitier

La valeur de la nue-propriété est déterminée par un barème fiscal (article 669 du Code général des impôts) qui dépend de l'âge de l'usufruitier au moment de la donation. Plus l'usufruitier est jeune, plus la valeur de l'usufruit est élevée, et donc plus la nue-propriété est décotée.

Exemple chiffré : donation en démembrement viager

Situation : Marc, 62 ans, détient 200 000 € de parts de SCPI en pleine propriété. Il souhaite transmettre ce patrimoine à ses deux enfants tout en continuant à percevoir les revenus locatifs.

Étape 1 : Marc donne la nue-propriété des parts à ses deux enfants. À 62 ans, la valeur de la nue-propriété est de 60 % (barème fiscal), soit 200 000 € × 60 % = 120 000 € de nue-propriété à répartir entre les deux enfants, soit 60 000 € chacun.

Étape 2 : chaque enfant bénéficie de l'abattement de 100 000 €. Avec 60 000 € de nue-propriété par enfant, la donation est entièrement exonérée de droits.

Étape 3 : Marc continue à percevoir les revenus locatifs (environ 5 % brut/an, soit 10 000 €/an sur 200 000 €) jusqu'à son décès.

Étape 4 : au décès de Marc, les enfants récupèrent la pleine propriété des parts de SCPI sans payer aucun droit de succession sur ces parts. Économie potentielle : si Marc était décédé sans avoir organisé la transmission, les droits auraient pu atteindre aucun droit dans ce cas grâce à l'abattement, mais au-delà de 100 000 €/enfant, l'économie devient significative.

Bon à savoir

L'importance d'agir avant 70 ans : plus la donation est réalisée tôt, plus la valeur de la nue-propriété est faible (décote importante liée à l'âge jeune de l'usufruitier). Un parent de 55 ans qui donne la nue-propriété ne transmet que 50 % de la valeur, contre 70 % à 75 ans. Cela permet de transmettre davantage tout en restant sous les seuils d'abattement.

Stratégie n°3 : Les SCPI en assurance vie, un levier successoral puissant

L'avantage fiscal majeur de l'assurance vie

Investir en SCPI via un contrat d'assurance vie ouvre un cadre fiscal successoral particulièrement attractif. Les sommes versées avant les 70 ans de l'assuré bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis d'une taxation forfaitaire de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà.

Ce régime fiscal est indépendant du droit civil : les capitaux décès de l'assurance vie ne font pas partie de la succession et échappent aux règles de réserve héréditaire (sous certaines conditions). C'est un avantage considérable par rapport à la détention en direct.

Versements avant et après 70 ans : une distinction cruciale

Versements avant 70 ans (article 990 I du CGI) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur le capital transmis, puis taxation à 20 % (de 152 501 € à 852 500 €) et 31,25 % au-delà. Ce régime est très avantageux, surtout pour les patrimoines importants.

Versements après 70 ans (article 757 B du CGI) : abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires et tous contrats confondus), puis les primes versées au-delà sont soumises aux droits de succession classiques. Les intérêts et plus-values restent toutefois exonérés.

Conséquence pratique : pour maximiser l'avantage successoral de l'assurance vie, il est essentiel de réaliser l'essentiel des versements avant 70 ans. Un contrat alimenté avec 200 000 € de SCPI avant 70 ans permet de transmettre ce capital avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, là où une détention en direct ne bénéficierait que de 100 000 € d'abattement par enfant.

Bon à savoir

À retenir : l'assurance vie permet de désigner librement les bénéficiaires du capital, y compris des personnes qui ne sont pas héritières. C'est un outil particulièrement adapté pour les familles recomposées ou pour transmettre à un partenaire non marié.

Les frais liés à la succession de parts de SCPI

Au-delà des droits de succession proprement dits, la transmission de parts de SCPI entraîne des frais annexes qu'il convient d'anticiper.

Les frais notariés

Le notaire intervient pour établir l'acte de notoriété, procéder au partage et, le cas échéant, formaliser les transferts de parts. Les émoluments notariaux sont calculés sur la valeur de l'actif successoral selon un barème réglementé (environ 1 % à 2 % pour les tranches élevées). S'y ajoutent les frais de formalités et les débours.

Les frais de transfert de parts

Certaines sociétés de gestion appliquent des frais de mutation lors du transfert de parts dans le cadre d'une succession ou d'une donation. Ces frais, lorsqu'ils existent, sont généralement faibles (de l'ordre de quelques dizaines d'euros par opération). Vérifiez les conditions dans la note d'information de chaque SCPI.

L'impact des frais de souscription

Les parts de SCPI incluent des frais de souscription (généralement entre 8 % et 12 %) qui sont « intégrés » au prix d'achat. Lors de la succession, les parts sont valorisées à la valeur de retrait (hors frais de souscription). Cela signifie que les héritiers ne « repaient » pas ces frais, mais que la valeur de retrait peut être inférieure au prix initialement payé par le défunt. Pour comparer les frais, consultez notre comparatif des frais de SCPI.

Tableau récapitulatif : quelle stratégie selon votre profil ?

Chaque stratégie de transmission présente des avantages et des limites selon votre situation patrimoniale et familiale. Voici un comparatif synthétique pour vous aider à choisir.

Nos conseils pour optimiser la transmission de vos parts de SCPI

1. Anticipez : agissez avant 70 ans

Le temps est votre meilleur allié en matière de transmission. Plus vous agissez tôt, plus vous bénéficiez de décotes importantes sur la nue-propriété (démembrement viager) et plus vous pouvez renouveler les abattements fiscaux (100 000 € tous les 15 ans). Idéalement, commencez à structurer votre transmission dès 50-55 ans.

2. Combinez les stratégies

Rien ne vous empêche de cumuler plusieurs leviers. Par exemple : placer une partie de vos SCPI en assurance vie (abattement 152 500 €/bénéficiaire) et donner la nue-propriété du solde en direct (abattement 100 000 €/enfant). Cette combinaison permet de transmettre des montants significatifs en réduisant drastiquement la facture fiscale.

3. Privilégiez les SCPI européennes

Les SCPI investies en Europe offrent un rendement net supérieur grâce à l'exonération de prélèvements sociaux sur les revenus de source étrangère. Des revenus plus élevés pendant la phase d'usufruit (en cas de démembrement) ou une capitalisation plus rapide en assurance vie. Pour comprendre l'impact fiscal, consultez notre guide sur la fiscalité des SCPI.

4. Faites-vous accompagner

La transmission patrimoniale est un sujet complexe qui mêle droit civil, droit fiscal et stratégie financière. Un conseiller en gestion de patrimoine ou un notaire spécialisé peut vous aider à structurer un montage adapté à votre situation familiale et patrimoniale. Chez epargnoo, nos experts vous accompagnent gratuitement pour définir la meilleure stratégie.

5. Surveillez les risques

Comme tout investissement, les parts de SCPI comportent des risques : perte en capital, baisse des revenus locatifs, illiquidité. Assurez-vous que la transmission de parts de SCPI s'inscrit dans un portefeuille diversifié et que vos héritiers sont informés des caractéristiques de ce placement. Pour en savoir plus sur l'impact IFI des SCPI transmises, consultez notre guide dédié.

Conclusion : transmettre ses SCPI, un acte patrimonial à ne pas négliger

La transmission de parts de SCPI ne s'improvise pas. Entre donation simple, démembrement viager et assurance vie, les outils existent pour réduire significativement les droits de succession et protéger vos proches. La clé réside dans l'anticipation : chaque année qui passe sans stratégie de transmission est une opportunité fiscale perdue.

Que vous déteniez 50 000 € ou 500 000 € de parts de SCPI, il existe une solution adaptée à votre profil. Comparez dès maintenant les SCPI disponibles sur epargnoo et faites-vous accompagner pour structurer votre transmission.

Besoin de conseils ? Nos experts vous accompagnent gratuitement

L'avis de nos experts

La transmission de parts de SCPI est un sujet trop souvent négligé par les épargnants, qui se concentrent sur le rendement sans penser à l'après. Or, sans anticipation, les droits de succession peuvent amputer jusqu'à 45 % du patrimoine transmis.

Notre recommandation : combinez le démembrement viager (pour les parts détenues en direct) et l'assurance vie (pour bénéficier d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire). Idéalement, mettez en place cette stratégie avant 65 ans pour maximiser la décote sur la nue-propriété et profiter du renouvellement des abattements.

Chez epargnoo, nous vous aidons à structurer cette transmission en tenant compte de votre situation familiale, patrimoniale et fiscale. N'attendez pas qu'il soit trop tard pour agir.

Bon à savoir

AVERTISSEMENT : L'investissement dans des produits tels que les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI), l'assurance-vie, les Groupements Forestiers d'Investissement (GFI), les Organismes de Placement Collectif Immobilier (OPCI) présente des risques parmi lesquels : la perte partielle ou totale du capital investi, l'illiquidité, l'absence de valorisation après l'investissement ainsi que des risques spécifiques au produit. L'investissement doit être inscrit dans une démarche de constitution d'un portefeuille diversifié. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les avantages fiscaux mentionnés dépendent de votre situation personnelle et sont susceptibles d'évoluer.

Flavien Lallemand

Co-fondateur d'epargnoo

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Vous avez encore des questions ?

01

Que deviennent les parts de SCPI en cas de décès ?

Les parts de SCPI sont intégrées à l'actif successoral du défunt. Elles sont évaluées à leur valeur de retrait au jour du décès et transmises aux héritiers selon les règles du droit successoral. Les héritiers deviennent associés de la SCPI et perçoivent les revenus locatifs proportionnellement à leur nombre de parts.

02

Comment éviter les droits de succession sur les parts de SCPI ?

Plusieurs stratégies permettent de réduire ou supprimer les droits de succession : la donation de nue-propriété (démembrement viager) permet un remembrement sans droits au décès. L'assurance vie offre un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans. La donation simple profite de l'abattement de 100 000 € par enfant tous les 15 ans.

03

Qu'est-ce que le démembrement viager de parts de SCPI ?

Le démembrement viager consiste à donner la nue-propriété des parts à ses héritiers tout en conservant l'usufruit (la perception des revenus locatifs) jusqu'au décès. Au décès de l'usufruitier, le remembrement s'opère automatiquement et les héritiers récupèrent la pleine propriété sans payer de droits de succession sur ces parts.

04

Vaut-il mieux transmettre ses SCPI via l'assurance vie ou en direct ?

Cela dépend de votre situation. L'assurance vie offre un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans), supérieur aux 100 000 € en direct. Elle permet aussi de désigner librement les bénéficiaires. En revanche, la détention en direct combinée au démembrement viager évite totalement les droits sur le remembrement. La combinaison des deux est souvent la stratégie optimale.

05

À quel âge faut-il commencer à organiser la transmission de ses parts de SCPI ?

Idéalement, commencez avant 65 ans. Plus vous êtes jeune, plus la décote sur la nue-propriété est importante en cas de démembrement viager (50 % à 55 ans contre 70 % à 75 ans). De plus, anticiper permet de renouveler les abattements fiscaux (100 000 € tous les 15 ans) et de maximiser l'avantage des versements en assurance vie avant 70 ans.