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Comprendre les risques liés à l'investissement en assurance vie

Mots clés : assurance vie, risques, unités de compte, fonds euros, perte en capital, liquidité

03 mars 2026 ⸱ 10 minutes de lecture

L'assurance vie est le placement préféré des Français, mais tout investissement comporte des risques. Nous vous expliquons en toute transparence les différents risques associés à l'assurance vie, qu'il s'agisse des fonds euros ou des unités de compte, afin que vous puissiez prendre des décisions éclairées et adapter votre stratégie patrimoniale à votre profil.

Qu'est-ce que le risque en assurance vie ?

Le risque en assurance vie représente la possibilité que le rendement réel de votre placement diffère du rendement attendu, ou que vous récupériez moins que les sommes investies. Contrairement aux idées reçues, l'assurance vie n'est pas un placement sans risque, même si certains supports comme les fonds euros offrent une garantie en capital.

Principe fondamental : Le niveau de risque varie considérablement selon les supports choisis. Un fonds euros présente un profil de risque très différent d'une unité de compte investie en actions ou en private equity.

Bon à savoir

Selon l'AMF, près de 65 % de la collecte en assurance vie en 2024 s'est orientée vers les unités de compte, reflétant une prise de risque croissante des épargnants français, parfois mal anticipée.

Les deux grandes catégories de supports

Pour bien comprendre les risques de l'assurance vie, il est essentiel de distinguer les deux types de supports disponibles :

  • Le fonds euros : support à capital garanti par l'assureur, offrant une sécurité maximale mais un rendement modéré
  • Les unités de compte (UC) : supports exposés aux marchés financiers, sans garantie en capital, mais offrant un potentiel de rendement supérieur

Les risques diffèrent radicalement selon le support choisi. C'est pourquoi nous les détaillerons séparément dans cet article.

Risque de perte en capital

Le risque de perte en capital est le premier risque à considérer en assurance vie. Il concerne exclusivement les unités de compte, car les fonds euros bénéficient d'une garantie du capital par l'assureur.

Pourquoi peut-on perdre de l'argent ?

Les unités de compte sont des supports d'investissement dont la valeur fluctue en fonction des marchés financiers. Qu'il s'agisse d'actions, d'obligations, de fonds immobiliers (SCPI, SCI) ou de produits structurés, leur valeur peut baisser, parfois de manière significative.

  • Actions et ETF : volatilité importante, baisses possibles de 20 à 50 % en cas de krach boursier
  • SCPI en UC : risque de dévalorisation des parts lié au marché immobilier
  • Produits structurés : perte en capital possible selon les conditions de marché
  • Private equity : risque élevé sur des entreprises non cotées

Bon à savoir

En 2024, l'AMF et l'ACPR ont alerté sur la commercialisation excessive de produits structurés classés SRI 4 à 7 (risque élevé à très élevé), souvent inadaptés au profil de nombreux épargnants.

Risque de rendement insuffisant

Même sur un fonds euros garanti, le risque de rendement insuffisant existe. En période d'inflation élevée, un rendement trop faible peut entraîner une perte de pouvoir d'achat, même si le capital nominal est préservé.

L'érosion par l'inflation

Prenons un exemple concret : si votre fonds euros rapporte 2,5 % brut par an et que l'inflation est de 2 %, votre rendement réel n'est que de 0,5 % avant prélèvements sociaux (17,2 %). Après impôts, votre rendement réel peut devenir négatif.

  • Rendement fonds euros 2024 : environ 2,5 % en moyenne
  • Inflation 2024 : environ 2 %
  • Prélèvements sociaux : 17,2 % prélevés chaque année sur les intérêts
  • Résultat : un rendement réel net proche de zéro, voire négatif

Risque de liquidité et loi Sapin II

L'assurance vie est généralement un placement liquide : vous pouvez effectuer des rachats partiels ou totaux à tout moment. Cependant, cette liquidité peut être temporairement suspendue dans des circonstances exceptionnelles.

La loi Sapin II : une épée de Damoclès ?

La loi Sapin II (article L.631-2-1 du Code monétaire et financier) permet au Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) de suspendre ou limiter temporairement les rachats sur les contrats d'assurance vie en cas de crise financière grave menaçant la stabilité du système financier.

  • Durée maximale : suspension possible jusqu'à 6 mois renouvelables
  • Objectif : éviter un phénomène de panique et de retraits massifs (bank run)
  • Conditions : menace grave et caractérisée sur la stabilité financière

Ce dispositif n'a jamais été activé à ce jour, mais il constitue un risque théorique à connaître, notamment pour les épargnants ayant besoin d'une liquidité immédiate de leur épargne.

Liquidité des unités de compte

Certaines unités de compte peuvent présenter une liquidité réduite, notamment :

  • SCPI en UC : délais de rachat pouvant atteindre plusieurs semaines
  • Private equity : supports généralement bloqués pendant plusieurs années
  • Fonds immobiliers : liquidité dépendante des conditions de marché

Risque de défaillance de l'assureur

Bien que rare, le risque de défaillance de la compagnie d'assurance existe. L'affaire FWU Life Insurance en 2024 a rappelé cette réalité à de nombreux épargnants européens.

La protection du FGAP

En France, le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) protège les épargnants en cas de faillite d'un assureur. Cependant, cette protection est plafonnée :

  • Plafond de garantie : 70 000 euros par assureur et par assuré
  • Délai d'indemnisation : peut prendre plusieurs mois, voire années
  • Limitation : ne couvre que les assureurs agréés en France

Bon à savoir

Pour les contrats importants, il peut être judicieux de diversifier entre plusieurs assureurs afin de bénéficier de plusieurs fois le plafond de garantie du FGAP.

Risque de change

Si vous investissez dans des unités de compte libellées en devises étrangères (dollar, yen, livre sterling...), vous vous exposez au risque de change. Les fluctuations des taux de change peuvent amplifier vos gains comme vos pertes.

Exemple : un fonds américain qui progresse de 10 % en dollars peut ne rapporter que 5 % en euros si le dollar s'est déprécié de 5 % face à l'euro sur la même période. À l'inverse, une dépréciation de l'euro augmenterait vos gains.

Risque de frais excessifs

Les frais constituent un risque souvent sous-estimé. Ils peuvent considérablement éroder la performance de votre contrat sur le long terme.

Les différents types de frais

  • Frais d'entrée : de 0 % (contrats en ligne) à 5 % (réseaux bancaires traditionnels)
  • Frais de gestion annuels : de 0,5 % à 1,2 % selon les contrats
  • Frais d'arbitrage : de 0 % à 1 % par opération
  • Frais internes des UC : frais propres à chaque support (0,5 % à 2,5 %)

Sur 20 ans, un écart de 1 % de frais annuels peut représenter plus de 20 % de capital en moins à l'arrivée. C'est pourquoi il est essentiel de comparer les contrats et de privilégier les assurances vie à frais réduits.

Risque fiscal et réglementaire

La fiscalité avantageuse de l'assurance vie (abattement de 152 500 euros par bénéficiaire en cas de décès, fiscalité allégée après 8 ans) n'est pas gravée dans le marbre. Elle peut évoluer au gré des réformes fiscales.

Évolutions possibles

  • Modification des abattements : les avantages successoraux pourraient être revus à la baisse
  • Changement de fiscalité : le régime des rachats pourrait être durci
  • Nouvelles contraintes réglementaires : obligations de reporting, restrictions sur certains supports

La recommandation ACPR 2024-R-02, applicable fin 2025, renforce déjà les obligations des distributeurs en matière de conseil et d'adéquation du contrat au profil du client.

Risque de déshérence

Un risque souvent négligé concerne la clause bénéficiaire. Une clause mal rédigée, floue ou obsolète peut bloquer la transmission du capital ou entraîner une répartition non souhaitée.

  • Clause générique : "mes héritiers" peut créer des conflits d'interprétation
  • Bénéficiaire décédé : si le bénéficiaire décède avant l'assuré sans clause de remplacement
  • Changement de situation : divorce, naissance, décès non pris en compte

Bon à savoir

En 2023, près de 6 milliards d'euros restaient non réclamés en assurance vie en France, souvent par méconnaissance des bénéficiaires ou clause mal rédigée.

Comment atténuer ces risques ?

1. Diversifier vos supports

Ne concentrez pas toute votre épargne sur un seul type de support. Combinez fonds euros pour la sécurité et unités de compte pour le rendement, en fonction de votre profil de risque et de votre horizon d'investissement.

2. Adapter votre allocation à votre horizon

Plus votre horizon est long, plus vous pouvez vous permettre de prendre des risques. À l'approche de la retraite ou d'un projet important, sécurisez progressivement votre épargne en augmentant la part de fonds euros.

3. Choisir des contrats à frais réduits

Privilégiez les contrats sans frais d'entrée et avec des frais de gestion compétitifs. Sur le long terme, cette économie peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.

4. Vérifier la solidité de l'assureur

Avant de souscrire, renseignez-vous sur la solidité financière de la compagnie d'assurance (ratio de solvabilité, notation financière) et diversifiez vos contrats si nécessaire.

5. Rédiger une clause bénéficiaire précise

Prenez le temps de rédiger une clause bénéficiaire claire et actualisée. Mentionnez les noms, prénoms, dates de naissance et adresses des bénéficiaires pour éviter toute ambiguïté.

Avertissement important

L'assurance vie est un placement à long terme qui doit être adapté à votre situation personnelle, vos objectifs et votre tolérance au risque.

Points essentiels à retenir :

  • Les performances passées ne préjugent pas des performances futures
  • Le capital investi en unités de compte n'est pas garanti
  • La valeur des UC peut varier à la hausse comme à la baisse
  • Il existe un risque de perte en capital sur les unités de compte
  • La liquidité peut être temporairement suspendue en cas de crise grave
  • La garantie du FGAP est plafonnée à 70 000 euros par assureur

Avant tout investissement, nous vous recommandons de lire attentivement les documents d'information (DIC, conditions générales) et de vous faire accompagner par un professionnel si nécessaire.

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L'avis de nos experts

L'assurance vie reste un excellent outil patrimonial malgré les risques inhérents à tout investissement. La clé réside dans la compréhension de ces risques et l'adéquation du contrat à votre profil.

Pour un épargnant prudent, un contrat majoritairement investi en fonds euros avec une poche d'UC limitée offre un bon équilibre. Pour un investisseur plus dynamique avec un horizon long, une allocation plus offensive peut se justifier.

Chez epargnoo, nous recommandons de toujours diversifier vos supports, de privilégier les contrats à frais réduits et de réviser régulièrement votre allocation en fonction de l'évolution de votre situation et de vos objectifs. L'assurance vie n'est pas un placement à ouvrir puis à oublier : c'est un outil de gestion patrimoniale qui mérite un suivi régulier.

Flavien Lallemand

Co-fondateur d'epargnoo

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Vous avez encore des questions ?

01

Peut-on perdre de l'argent avec une assurance vie ?

Oui, il est possible de perdre de l'argent si vous investissez en unités de compte, dont la valeur fluctue selon les marchés. En revanche, le fonds euros garantit votre capital (hors frais de gestion). Le risque de perte dépend donc directement de la répartition de votre contrat entre fonds euros et unités de compte.

02

Le capital d'une assurance vie est-il garanti ?

Seul le fonds euros bénéficie d'une garantie en capital par l'assureur. Les unités de compte ne sont pas garanties : leur valeur peut baisser en fonction des marchés financiers. En cas de faillite de l'assureur, le FGAP garantit jusqu'à 70 000 euros par assuré et par assureur.

03

Qu'est-ce que la loi Sapin II et quel est son impact sur l'assurance vie ?

La loi Sapin II permet au Haut Conseil de Stabilité Financière de suspendre temporairement les rachats sur les contrats d'assurance vie en cas de crise financière grave, pour une durée pouvant aller jusqu'à 6 mois renouvelables. Ce dispositif n'a jamais été activé mais constitue un risque théorique à connaître.

04

Quels sont les frais à surveiller dans une assurance vie ?

Les principaux frais sont :
  • Frais d'entrée : 0 % à 5 % selon les contrats
  • Frais de gestion annuels : 0,5 % à 1,2 %
  • Frais d'arbitrage : 0 % à 1 %
  • Frais internes des UC : variables selon les supports
Sur le long terme, un écart de 1 % de frais peut représenter plus de 20 % de capital en moins.

05

Comment protéger son assurance vie en cas de faillite de l'assureur ?

Pour vous protéger, vous pouvez diversifier vos contrats entre plusieurs assureurs afin de multiplier les plafonds de garantie du FGAP (70 000 euros par assureur). Vérifiez également la solidité financière de votre assureur (ratio de solvabilité, notation) avant de souscrire.

06

Les unités de compte sont-elles plus risquées que le fonds euros ?

Oui, les unités de compte présentent un risque de perte en capital car leur valeur dépend des marchés financiers. Le fonds euros est garanti mais offre un rendement plus faible. Le choix dépend de votre profil de risque et de votre horizon d'investissement. Une allocation mixte permet souvent de trouver un bon équilibre.

07

Comment bien rédiger la clause bénéficiaire de son assurance vie ?

Pour éviter tout problème de transmission, rédigez une clause bénéficiaire précise et nominative : mentionnez les noms, prénoms, dates et lieux de naissance des bénéficiaires. Prévoyez des bénéficiaires de second rang en cas de prédécès. Actualisez votre clause après chaque changement de situation (mariage, divorce, naissance, décès).